Le Mexique

A peine descendu de l'avion, je suis allé directement sur la Isla Mujeres (l'île des femmes) à vingt minutes en bateau de Cancun. J'avais hâte d'arriver au Mexique, j'y suis bien (4ème voyage)

Isla Mujeres 

C'est encore la basse saison, il n'y a pas foule. Ce n'est qu'à partir de 11h que les plages de sable blanc sont prises d'assaut par les excursionnistes à la journée venant des gros hôtels de Cancun en gros voiliers ou petits yachts.

C'est une île paradisiaque !

Les ruelles commerçantes, sont calmes en soirée. Il y a des restaurants tous les dix mètres, je n'ai que l'embarras du choix.

Le Mexique est un pays où il fait très chaud, le soleil cogne fort, si on ne se protège pas, c'est couleur écrevisse dès le premier jour. Je suis resté trois jours sur l'île, un régal, c'est un vrai bel endroit.


Voici une carte du Mexique avec, encerclées, les régions que je vais visiter, du Quintana Roo jusqu'au Chiapas, avant de passer au Guatemala. C'est donc une petite partie du pays, mais je ne vais pas m'aventurer vers le nord (que je connais déjà) alors que je vais continuer mon voyage vers le sud.


Valladolid.

La ville a un certain charme.

Elle a été construite par les conquistadors espagnols dès 1543. En 1546, les mayas se révoltent mais l'insurrection est vite réprimée.


La ville est belle avec ses maisons basses de style andalou, des maisons de toutes les couleurs pastels et ocres.

 

Pas une maison ne dépasse un étage, tout est harmonieux. Seule la cathédrale domine la ville du haut de son clocher à deux tours carrées. Dieu est au-dessus de tout...L'évangélisation forcée des mayas à l'époque a fait des mexicains de fervents catholiques. Les villes coloniales espagnoles en Amérique latine sont belles, voire  très belles. L'héritage est splendide, mais il faut toujours avoir à l'esprit que les conquistadors espagnols avaient du sang sur les mains.
La ville est plus belle la nuit... 

Les ocres sont mis en valeur par un éclairage de guirlandes lumineuses et par les éclairages intérieurs, notamment le long de la rue Frailes (la rue des frères franciscains), la plus belle rue de la ville. 

Un son et lumière d'une vingtaine de minutes, retraçant l'histoire de la ville, est projeté tous les soirs à 21h sur l'ancien couvent San Bernardino de Siena, à deux pas de mon hôtel. Valladolid, j'adore !

En plus d'être une belle ville coloniale, Valladolid a l'avantage d'être la ville la plus proche (38km) de... 

...Chichen Itza.

C'est LE site archéologique emblématique du Mexique, un passage obligé. 

C'est une ancienne grande cité maya construite entre le VIIIème et le Xème siècle après J.C. Une ville récente donc, de l'époque classique tardive. Le peuple Itza fut l'un des plus influents des peuples mayas, s'étendant jusqu'au Honduras en passant par le Guatemala. 
Chichen Itza était un centre cérémoniel et de pèlerinage pour le peuple Itza. Ci-dessus (et ci-dessous) l'aire de jeu de balle, où deux équipes s'affrontaient, des soldats ou des prisonniers de guerre.

Pas de cadeau donc : le chef de l'équipe gagnante coupait le tête du chef de l'équipe vaincue. A savoir que des enfants étaient aussi sacrifiés, donnés en offrande aux divinités pour obtenir de bonnes récoltes notamment. C'est une des raisons pour laquelle les espagnols ont évangélisé les mayas considérés alors comme des sauvages. Les récalcitrants, nombreux, étaient massacrés. Les espagnols guérissaient le mal par le mal...

Sauvages mais observateurs et intelligents. L'observatoire permettait aux mayas d'observer les étoiles, la lune, le soleil. Ils avaient des connaissances pointues dans le domaine, ce qui leur a permis de créer le calendrier astronomique de 365 jours, celui que nous utilisons encore aujourd'hui. Voilà au moins une chose que l'homme moderne ne peut pas s'approprier.


Mais bien sûr, on vient à Chichen Itza pour sa spectaculaire pyramide. La pyramide dédiée à Kukulcan (le serpent à plumes)

La base est carrée, les quatre faces sont composées d'un grand escalier de 91 marches (soit 364 marches). La marche d'accès au temple supérieur représente le 365è jour du calendrier solaire. C'était l'émergence de l’astro-architecture qui consiste à allier les connaissances astronomiques au savoir-faire architectural. Ci-dessous, le serpent à plumes au pied de l'escalier nord.


 

Elle n'est pas très haute, seulement 30m. Son accès est interdit car jugé dangereux.

Quand on la voit pour la première fois on est émerveillé ! C'est la troisième fois que je viens ici, ça m'a forcément paru moins impressionnant cette fois. Il faut venir à l'ouverture à 8h car après 10h ce sont des dizaines de bus qui déversent la foule d'excursionnistes venant de Cancun, Tulum, Merida,... 

C'est une pure merveille ! 

 Campeche

Que bueno ! Qu'est-ce que c'est bien ! J'adore cette ville, elle est trop belle. La cathédrale bien sûr, sur le côté du "Parque Central", comme dans toutes les villes coloniales. 

La ville est au bord de la mer, mais il n'y a rien d'intéressant de ce côté-là. Ce fut l'une des premières villes bâties au début du XVIème siècle par les conquistadors qui durent lutter contre les mayas pour s'implanter dans la région. Les pauvres mayas n'avaient que des arcs, des lances et des machettes pour se battre contre des canons et des fusils. Ils furent évangélisés brutalement, églises, cathédrales et couvents furent édifiés pour donner corps à la croyance de Dieu...

Les maisons de Campeche sont défraichies, les peintures pastels s'écaillent presque partout, un besoin de restauration se fait sentir. Mais cela donne un sacré charme suranné. Et la nuit, c'est encore plus beau. Un samedi soir en terrasse. 


C'est tellement beau la nuit que je me promène dans les rues, sans fin, sans envie d'aller dormir.
 
 
Dans toutes les villes coloniales, les "Parques Centrales", aussi appelés "Zocalo", sont bordés d'arcades sur au moins deux côtés. C'est toujours bien éclairé la nuit. Le fluo rose, les mexicains aiment ça. C'est toujours du plus bel effet !

A Campeche, il y a un festival de danses une fois par an. Je suis arrivé pile poil le bon jour.

C'est on ne peut plus joyeux et coloré. Tous les âges sont représentés. 

La fête commence par une parade autour du Zocalo (le parc central). J'ai pris ces photos pendant les préparatifs.

Les garçons sont tout de blanc vêtus, chemises au col Mao, un foulard à la taille, le même chapeau blanc. Les filles portent des robes blanches à volants fleuris.

Des fleurs il y en a partout, sur les robes, dans les cheveux, piquées sur les chignons. Quelle beauté ! 
Les fleurs sont en plastique mais peu importe, c'est l'effet qui compte. Plus tard dans la soirée ils danseront en couple.


Je peux vous dire que je ne me suis pas lassé de déambuler entre eux et elles, et les photos, ils aiment ça. Ils sont très fiers de représenter leur ville ou leur village, certains viennent de loin pour participer à la fête. Les mexicains et les mexicaines ont une charme certain.

La parade s'est terminée sur la "Plaza Repubilica" où un nombreux public les attendait avec impatience.

J'ai vite compris pourquoi car j'ai moi-même eu un gros pic émotionnel tellement c'était très très beau à voir. Dirigés par un orchestre, ils se sont tous mis à danser, comme un bal populaire, les femmes virevoltaient  faisant soulever les volants fleuris de leurs magnifiques robes, un foulard à la taille ou sur les épaules. Les hommes tournaient aussi, agitaient leur chapeaux. Leur joie était communicative. J'ai vécu là un grand moment de beauté. C'est peut-être par la danse que la joie d'un peuple s'exprime le mieux. 



Palenque.

Palenque a été construit par les mayas à partir du Vème siècle. 


L'âge d'or se situe au VIIème siècle pendant le règne de Pakal Ier. Ce n'est pas une grande cité, elle souffre d'un manque d'entretien par faute de moyens. Ci-dessous, le palais qui servait de résidence aux dignitaires du pouvoir.

La plus belle structure n'est autre que le monument funéraire du roi Pakal Ier. Une pyramide à neuf degrés haute de 20m.

Pakal en personne en train de fumer... 

 

San Cristobal de las Casas.

Palenque et San Cristobal de las Casas sont dans l'état du Chiapas. J'aime cette ville où je suis resté quatre jours. Elle est en altitude, à 2120m d'altitude, il pleut à partir de 17 heures et il fait frais le soir. 

Il y a du monde à San Cristobal, c'est une grande ville de 200 000 habitants très touristique, mais presque tous les touristes sont mexicains. Les étrangers ne sont pas là.


La cathédrale bien sûr comme dans toutes les villes coloniales.

Au milieu du Zocalo, un kiosque déjà décoré pour célébrer la fête des morts (en avance)

Le soir, un groupe de marimbas se produit, et les mexicains viennent danser. Ils dansent partout et tout le temps...C'est assez impressionnant à voir tous ces danseurs, tous âges confondus.

Autour du Zocalo. 

La fête des morts est un évènement au Mexique. On voit des squelettes et des têtes de morts partout. C'est le moment pour honorer les défunts, un moment festif et joyeux, un mélange de traditions catholiques et de traditions indigènes (préhispaniques)

Dans toutes les villes où je suis passé, il y avait une animation culturelle, musique et danses toujours. C'est assez incroyable cette frénésie de danses au Mexique ! Je suis arrivé à San Cristobal de las Casas pendant le festival national de folklore, ça dansait de partout !

Presque toutes les villes et villages ont un groupe folklorique. La jeunesse s'y retrouve, l'ambiance est assurée, leur bonne humeur est communicative. Tout le monde joue le jeu, des scènes sont montées un peu partout, ce qui leur permet de s'exprimer et de faire connaitre leur culture.

Et c'est coloré ! 

Ne partez pas, ce n'est pas fini ! Je suis allé au Théâtre voir un spectacle de danses qui a duré quatre heures. C'était du grand spectacle !


C'est sur cette ambiance de saloon survoltée que se termine mon voyage au Mexique. Le pays le plus culturel que je connaisse. 

Prochaine destination : le Guatemala



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