Chili et Argentine

J'ai reçu la visite de ma sœur Danièle et de Marie-Laure une amie. Nous avions passé 2 jours ensemble l'année dernière au Cambodge, cette fois-ci elles sont venues me voir pour passer 3 semaines ensemble. J'avais préparé un itinéraire, j'espère qu'elles vont aimer. Je serai en terrain connu pour avoir fait ce circuit fin 2016. Santiago ne présentant pas d'intérêt, je suis allé les chercher à l'aéroport de la capitale chilienne pour prendre la direction de Valparaiso.

Je vous présente mes équipières de voyage (pour ceux et celles qui ne les connaissent pas). Danièle à gauche, Marie-Laure à droite. Vous remarquez à leurs tenues qu'il fait beau, ce sera le cas pendant les 3 semaines. Normal, ici c'est l'été.

Valparaiso.

C'est une ville unique au monde, une ville célèbre pour sont street art.

Pas une rue n'y échappe, elles sont toutes recouvertes de fresques géantes. 

Il n'y a pas de thèmes, chaque artiste laisse libre cours à son imagination.

Je n'ai pas vu de messages politiques, les fresques sont essentiellement décoratives. Certaines sont saisissantes de réalisme comme cette famille unie à table avec leur chat. 

La haute ville est formée par des cerros, des collines reliées entre elles par des dédales de rues et de ruelles, des escaliers ou des ascenseurs. A pied, les pentes sont raides. Les ascenseurs, dont le plus ancien date de 1883, l'ascenseur Concepcion, ont été déclarés monuments historiques. Ils ont deux cabines et fonctionnent par un système de contrepoids, quand une cabine monte, l'autre descend.
 

Valparaiso est la ville la plus pittoresque du pays, une ville-musée un peu déglinguée composée de vielles maisons en bois et tôles ondulées.
 

J'ai déjà eu l'occasion de dire que j'aime le street art que j'ai découvert en voyageant. Valparaiso est la référence mondiale en la matière, donc forcément, j'aime cette ville et son esprit bohème, une ville dans son jus.
 
Il est agréable de déambuler dans la ville, de se perdre dans les ruelles, au détour d'une peinture qui attire l'attention. Pas un escalier n'échappe pas à la fureur de peindre !
 

Dans le quartier "musée à ciel ouvert" les maisons ressemblent à des maisons de poupées. On croirait même que ce n'est pas réel, comme un décor de cinéma en carton.


Sur les cerros les points de vue peuvent être spectaculaires !

De jour comme de nuit. 

Après trois jours agréables passés à Valparaiso, nous avons pris l'avion pour aller dans la région des lacs à presque 1000km au sud de la capitale. Le Chili est un pays tout en longueur, dans le sens nord-sud il y a près de 5000km pour seulement 180km maxi d'est en ouest. Le pays est coincé entre le Pacifique et l'Argentine.

Puerto Varas.

Changement de décor !


Située au bord du lac Llanquihue, Puerto Varas est une ville moyenne, touristique comme l'est toute la région des lacs. C'est les vacances d'été, il y a donc du monde. Quand on voit les photos, on comprend pourquoi. La vue depuis les bords du lac est trop belle avec le volcan Osorno enneigé juste en face. 


En 2016, un orchestre de cuivre se produisait au bord du lac. Au même endroit, 8 ans plus tard, bis repetita !

Ce volcan, il fallait aller le voir de plus près. Nous sommes donc partis en randonnée au pied de l'Osorno, une très belle rando par un temps magnifique offrant de beaux points de vue.

Les filles voulaient une rando, elles l'ont eue ! Et en plus elle était belle dans un décor pas commun.

Nous avons loué une voiture pour deux semaines de façon à être autonome et pour voir le maximum. Une location ne coûte pas cher, pourquoi s'en priver. Direction la mer à Los Molinos.

Los Molinos.
 

C'est un petit village de pêcheurs très mignon avec ses petites barques jaunes destinées à la pêche artisanale.


Il y avait du monde sur la plage un dimanche.

Bizarrement, un dimanche soir, en pleine saison touristique, tous les restaurants étaient fermés. Nous voilà obligés d'acheter des bières, du vin, du pain, du fromage, de la charcuterie et des yaourts dans une petite épicerie pour passer une soiré bière-vin-casse-croûte. Faut pas se laisser abattre !

Nous logions dans une belle maison au bord de la plage face au coucher de soleil.


Pucon.

C'est une grosse ville très (trop) touristique. C'est un peu l'Annecy chilienne située aussi au bord d'un lac, le lac Villarrica, avec vue sur le volcan Villarrica enneigé lui aussi. J'avais fait l'ascension en mode alpinisme en 2016. Cette fois, c'est du tourisme...On est même allé se rafraîchir (enfin pas vraiment) dans des sources d'eaux chaudes à proximité de la ville, la région regorge de thermes.

On a bien aimé cette ville dont la plage de sable noir était noire de monde. Ce n'est pas peu dire ! Je n'ai jamais vu autant de monde sur une plage. Visiblement, les chiliens aiment ça.

On ne s'est pas posé, pas de place, pas envie. Une promenade au bord du lac permet de voir le volcan à chaque détour.

Nous avons joué les touristes moyens en nous offrant une excursion sur le lac sur un bateau de pirates. Sauf que ça s'est mal passé. Après une heure de balade agréable sous un beau soleil, alors que nous rentrions à l'embarcadère, nous avons été abordé par un autre bateau de pirates. Ça a chauffé, les deux capitaines se sont battus et ça a fini en bagarre générale ! La bagarre s'est déroulée sur le pont inférieur, étant sur la pont supérieur nous avons échappé à la violence. Nous étions aux premières loges pour filmer une scène digne d'un film hollywoodien !...

 

Puisque l'Argentine n'est pas loin et que la voiture nous permet de voyager en toute liberté, nous sommes allés passer quelques jours au nord de la Patagonie en Argentine, rien que ça. Nous avons visité une très belle région de lacs, encore plus belle qu'au Chili ! Côté Chili, nous avons embarqué à bord d'un ferry avec la voiture pour rejoindre l'Argentine. C'est comme ça ici, la quantité de lacs et de montagnes fait qu'il n'y a pas de routes partout, alors, camions, bus, voitures, motos, empruntent le ferry pour traverser des lacs ou des fjords. Il faisait déjà beau mais encore frais tôt le matin.


 

 

 

 

La Patagonie argentine. 

La première ville est San Martin de los Andes. On y a passé une nuit, la ville n'a rien d'exceptionnel bien que située au bord du lac Lacar.

Mais c'est le point de départ de la "Ruta de los 7 lagos", la route des 7 lacs. Tout le long de la route touristique, les lacs et les montagnes se succèdent offrant des points de vue tous plus beaux les uns que les autres. 

Nous n'avons fait qu'une petite halte à Villa la Angostura, au bord de l'immense lac Nahuel Huapi. C'était beau mais trop cher pour y dormir.

 
Notre destination finale était un peu plus au sud, à Bariloche
 
Bariloche. 
 
Là encore une ville très touristique. La haute saison est en hiver car il y a une grosse station de ski à proximité. C'est le Chamonix argentin.
Un circuit en boucle ponctué de beaucoup de points de vue permet de voir des paysages immenses de lacs et de montagnes. Nous sommes dans le parc national Nahuel Huapi, c'est aussi le nom du lac.

Qu'est-ce que c'est beau !


Nous sommes restés deux jours à Bariloche à admirer ces paysages époustouflants ! Le bleu des lacs est intense.
 
 

Tout est vert, boisé et fleuri. Il est possible de naviguer sur le lac, c'est très cher. On peut largement se contenter des berges.

Après ces deux jours passés à Bariloche où nous avions notre pub favori, le Manush, nous sommes allés passer une journée en pleine nature près du lac dans un hôtel de charme. Les filles ont apprécié ce moment de calme et de repos. Les princesses ! Bon il manque quand-même les belles robes...

l'hôtel était situé à droite au fond du lac ci-dessous. Pas mal ! 

Après cinq jours passés en Argentine, il nous a fallu une longue journée de route pour rejoindre l'archipel Chiloé, au Chili. Il faut embarquer sur un ferry au sud de Puerto Montt, la traversée dure trente minutes.

Chiloé. 

C'est un ensemble d'îles. Une grande île principale de 200km de long entourée d'autres îles habitées ou non. C'est un endroit à part, une impression de bout du monde. J'ai une affection particulière pour Chiloé.

Castro.

C'est la plus grande ville de l'île, réputée pour ses palafitos, des maisons sur pilotis. C'est très particulier et coloré. Nous sommes arrivés par un temps gris, mais le lendemain le soleil est réapparu, les vues étaient du coup beaucoup plus belles comme ce magnifique reflet matinal !

La cathédrale jaune au toit mauve (ils ont osé!) est classée au patrimoine mondial de l'Humanité, comme seize églises de l'archipel. 

L'intérieur est splendide, tout en bois. C'est un chef d’œuvre datant du début du XXème siècle !

Les habitants de Chiloe sont les chilotes. Il n'y a pas plus sympa qu'eux, comme tous les chiliens d'ailleurs qui sont de mon point de vue les gens les plus sympas qu'on puisse rencontrer en voyageant (avec les guatémaltèques et les indonésiens). Les chilotes ont leur propre culture, musique, danses et costumes. Nous avons eu la chance d'assister à un spectacle de danses donné par un groupe folklorique de jeunes gens, c'était vraiment sympa.  

On sent qu'il y a une certaine fierté d'appartenir à un peuple à part, un peu comme en Bretagne. Les traditions perdurent et se transmettent, en témoigne la jeunesse du groupe. Ils sont charmants. La fête s'est terminé par un bal populaire où tous les chilotes dansaient et reprenaient les chansons en chœur, ils connaissent tous le répertoire. C'était trop beau à voir cette gaieté. Ce sont vraiment des gens bien.


Dalcahué.

C'est un important port de pêche dans une petite ville charmante. On y a passé du bon temps là aussi. L'église est aussi classée. Les seize églises classées de l'archipel sont entièrement en bois.

Nous n'allions tout de même pas les voir toutes, d'autant plus qu'il faut faire beaucoup de route pour cela. Étant sur les îles, nous avons peu roulé. Mais nous sommes quand-même allé jusqu'au village de Tenaun, voir l'une des plus belles au bord de la mer dans un beau petit village. L'église est bleue et blanche.

La vue de la plage était vraiment très belle avec une mer calme, reposante, et des sommets enneigés et des glaciers au loin. 

Retour à Dalcahué, le beau port de pêche traditionnel comme on en voit peu.

La spécialité culinaire de Chiloé c'est le curanto. Un plat traditionnel cuit à l'étouffé, cuisiné dans un trou dans la terre sur des pierres chauffées le tout recouvert de feuilles de rhubarbe ou de choux. Les ingrédients sont terre-mer avec des moules, des palourdes, des pommes de terre, du poulet, des saucisses, du porc fumé, des légumes. Cette méthode est réservée aux fêtes de familles ou de villages. Les restaurants servent un curanto cuit dans une cocotte. Ça a été diversement apprécié, je crois que nous n'avons pas mangé le meilleur et il y avait à manger pour six ! C'est consistant !

Nous sommes allé sur l'île en face en empruntant un ferry, la traversée dure cinq minutes, jusqu'au sympa village Curaco de Velez. Rien que pour manger des huitres avec du vin blanc ! Humm !

Huitres en espagnol se dit "ostras", c'est écrit sur le panneau. Il y avait des grosses huitres, nous n'en sommes pas fans. Par contre nous avons dégusté les creuses comme chez nous. Ils les servent chaudes, tièdes plus exactement. Elles étaient bien charnues. Avec un bon vin blanc elles sont bien passées. Marie-Laure n'a pas mangé les huîtres mais elle a bu le vin blanc...


Ancud.

C'est la dernière étape du voyage pour les filles. Snif ! On est venu à Ancud juste pour voir des manchots. Il a fallu pour cela aller à Chepu, un petit village au bord de la rivière Chepu qui se jette dans le Pacifique. Après une demi-heure en bateau sur la rivière on a été déposé au bord de la mer. Il faut marcher 2h15 pour arriver sur le site des manchots que je connaissais. Nous voilà partis pour une petite rando bien sympathique par beau temps.


 Nous avons marché sur une grande plage sur laquelle s'est échoué un bateau aujourd'hui bien rouillé.

Il y avait aussi des vaches, mais il n'y a pas plus gentille qu'une vache, donc pas de risque... 

En tous cas les filles n'ont pas eu peur.

Arrivés sur site nous avons dû attendre la marrée basse pour accéder aux manchots. Ils étaient là, exactement au même endroit qu'en 2016, à l'abri dans une petite crique.

Nous avons pris le temps de bien les regarder et de les compter. Ils étaient 18. 

C'est curieux à regarder, ils ont une drôle de démarche, ils font leur petite vie tranquille, toujours groupés.
 
Certains se détachent du groupe pour aller dans l'eau, comme ces trois lascars. 

Mais pas longtemps car les voilà déjà de retour, les bras ballants.

Voir les manchots était attendu depuis longtemps par les filles, c'était la cerise sur le gâteau du voyage. La demi-heure que nous avons passée à les observer fut un vrai moment de plaisir. Ça mérite bien une petite vidéo pour vous en faire profiter aussi.


Cela fait, nous sommes repartis en rando dans l'autre sens, en ayant en face de nous les paysages dans notre dos à l'aller. Il y a un petit air d'Irlande.


Nous sommes repassés par la longue plage de l'épave. Arrivés au bout nous devions monter un peu la dune et un chemin creux végétalisé pour rejoindre le bateau qui nous attendait pour nous ramener au point de départ. Mais un troupeau de vaches descendait le chemin en prenant leur temps en mangeant un coup à gauche un coup à droite. On n'allait pas attendre que ces dames se rassasient, ça pourrait durer. Alors je m'avance vers elles pour voir si on pouvait passer malgré leur présence. Les filles sont restées sagement en retrait. Pas peureux, j'arrive presque à la hauteur de la première vache qui était arrivée sur la plage, sauf que ce n'était pas une vache mais un taureau ! Un beau bestiau énorme, tout de noir vêtu qui me regardait d'un air vache. Il y avait derrière lui d'autres vaches et des veaux qui arrivaient. Non, il ne va pas le faire ? Mais si ! Tout d'un coup la plage s'est transformée en une arène. Le voilà qui me charge, il court après moi, je cours devant lui en me dirigeant vers la mer à cinquante mètres environ en me disant qu'il ne va pas me poursuivre dans l'eau quand-même, il y avait moins de vingt mètres entre lui et moi. Je vois les filles paniquées qui courent aussi dans la même direction. Je l'entends derrière moi, ses pas lourds, je me retourne, une fois lancé il est plus rapide que moi, il se rapproche dangereusement, moins de 10 mètres sûrement. J'ai pensé qu'il allait me prendre par le dos, me balancer en l'air, je vais retomber sur la plage, il va me piétiner, je vais mourir là sur une plage au Chili tué par un taureau, c'est pas possible ! Je cours le plus vite que je peux, je me retourne encore pour savoir combien de temps il me reste à vivre, et je le vois qui s'arrête de lui-même. Ouf ! Nous nous sommes réfugiés tous les trois sur les rochers. Il nous a regardé encore un moment, je crois qu'il protégeait sa famille car il y avait les veaux. A moins qu'il voulait vraiment me faire la peau et qu'il s'est arrêté à l'approche de l'eau. Nous avons pu repartir une fois le troupeau passé. Quelle frayeur ! Nous avons frôlé la catastrophe...

Après le crocodile en Afrique du sud et l'éléphant au Botswana, voilà l'histoire du taureau au Chili. Prochain défi : un lion ! Que des histoires de grosses bêtes qui finissent bien. J'ai une bonne étoile au-dessus de ma petite tête d'aventurier parfois inconscient !

Fin du voyage avec Danièle et Marie-Laure. Elles s'en souviendront longtemps ! 

 

 


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