La Colombie
Après l'Amérique du nord (Québec) et l'Amérique centrale (Mexique, Guatemala, Costa Rica), me voilà arrivé en Amérique du sud, tout au nord, en Colombie.
La Colombie est un pays deux fois plus grand que la France, peuplé de 52 millions de colombiens. La capitale, Bogota, compte huit millions d'habitants. La monnaie est le peso colombien. C'est mon deuxième voyage dans ce pays. Je ne compte pas rester longtemps, juste pour revoir trois lieux que j'ai aimé précédemment.
Carthagène.
Quelle belle ville ! C'est une ville coloniale, son nom complet est Carthagène des Indes (Cartagena de Indias). Une ville portuaire au bord de la mer des Caraïbes, fondée dans les années 1530 par les conquistadors espagnols. Des espagnols fortunés, proches de la royauté, s'établirent ici pour s'adonner à des activités politiques et économiques grâce à son emplacement permettant d'expédier les richesses pillées sur ce continent (or et argent) vers l'Espagne. Carthagène fut aussi un port négrier majeur, porte d'entrée des esclaves africains travaillant dans les mines et les plantations. De fait, la population de Carthagène est afro-caribéenne.
La ville compte un million d'habitants, mais seul le centre historique colonial vaut la peine d'être visité. C'est là que se trouve les hébergements. Lorsqu'on y est, on ne se rend pas compte qu'on est dans une si grande ville. Le centre historique se divise en deux parties, dont la partie intra-muros entourée de remparts. La porte de l'horloge était la porte d'entrée des calèches.
Le style est typiquement espagnol avec ses beaux balcons en façade de presque toutes les maisons. J'adore cette architecture qui reflète la richesse de l'Espagne à cette époque. Ils ont bien exporté leur savoir-faire. Il faut dire que l'argent ne manquait pas, ils se sont servis. A leur décharge, ils n'étaient pas venus pour cela puisqu'ils cherchaient une nouvelle route vers les Indes. Ceci étant dit, on ne refait pas l'histoire...
Je le dis souvent, c'est encore plus beau la nuit. Parce que c'est vrai.
Carthagène n'est pas sans rappeler Cuba, qui n'est pas très loin d'ici.
Il y a du rhum à tous les coins de rue et aussi des boutiques de cigares. Il n'y a pas beaucoup d'acheteurs, les fumeurs de cigares sont plutôt rares, ils vont plutôt à Cuba. Il reste le cliché.
Qui dit Caraïbes, dit sens de la fête, de la musique et de la danse.
Le problème majeur de l'intra-muros, ce sont les prostituées. Après vingt heures, elles envahissent les rues, c'est comme si elles avaient débarqué d'un train spécial. Et vous savez où il y en avait le plus ? Au pied de mon hôtel ! Vingt dieux, j'ai fait des drôles de rêves !
Le deuxième quartier du centre historique, à l'extérieur des remparts, s'appelle Getsemani. Il n'y a qu'une grande avenue à traverser pour y arriver. C'est le quartier bohème de Carthagène.
C'est très très coloré, ça respire la gaité, l'ambiance est cool, la musique est partout. C'est très dépaysant, je voyage pour cela. Le soleil et les couleurs gaies en hiver réchauffent les cœurs.
Ce qui caractérise Getsemani, ce sont les fresques murales, elles sont nombreuses et belles pour la plupart. J'ai appris à aimer le street art en voyageant, j'en suis devenu fan. Ce n'est sûrement pas Getsemani qui va me faire changer d'avis. J'adore !
Les portraits sont leur marque de fabrique. C'est plutôt réussi.
L'autre spécificité de Getsemani, ce sont les nombreux artistes peintres qui exposent dans les rues du quartier. Ce qui fait qu'il n'y a pas une rue sombre, terne, triste, tout est en couleurs !Revenons en ville. Le spectacle ne fait que commencer...
C'est à la tombée de la nuit que les fermiers descendent en ville le samedi pour une partie de goguette. Non pas en voiture, pas en 2cv, mais à cheval ! Il y a deux cas de figure. Soit ils "garent" leurs chevaux qui sont gardés par des jeunes garçons et ils vont consommer dans le bar en face.
Vous constaterez dans la vidéo ci-dessous que ça picole beaucoup. Mais le plus impressionnant ce sont les cavaliers et cavalières qui paradent dans la rue parmi les piétons et les motos. Les chevaux ont une drôle d'allure, faisant des petits pas sautés, un peu comme en dressage.
Le lendemain, un dimanche, j'ai aperçu deux jeunes lascars déjà bien bourrés à 11h du matin. Ils faisaient la tournée des bars sans descendre de cheval. Ils se mettaient face aux bars, ils commandaient et ils se faisaient servir sur un plateau. Ils ne buvaient que de l'aguardiente, cul sec, et un verre d'eau pour rincer le gosier.
Bien bourrés à cheval, c'est comme en voiture. Ils avaient du mal à maitriser leurs montures, zigzagant dans la rue, frôlant passants et tuk-tuks ! J'espère que leurs chevaux connaissent le chemin de retour... C'était hilarant !
Salento.
C'est ma dernière étape en Colombie. Je trouve Salento moins beau que Jardin, mais c'est plus touristique.
Une rue principale, près de la grande église, concentre la plupart des boutiques de souvenirs, colliers, bracelets, bagues, objets décoratifs, vêtements, comme dans toutes les villes touristiques. Beaucoup de bars et restaurants aussi, plutôt en dehors de cette artère. C'est bientôt Noël !
Salento est un bourg pas très grand de 7000 habitants à 1900m d'altitude, on en fait vite le tour. Ce n'est pas non plus une ville coloniale car fondée dans les années 1840 après le départ des conquistadors. Mais, comme à Jardin, l'inspiration est coloniale. C'est en montagne, les rues sont tout en montées et descentes. Raide !
Ce qui caractérise la vallée, ce sont ces grands palmiers dans les grandes prairies à flanc de montagne. Ils sont très droits, verticaux, pouvant atteindre 60m de haut ! Il y a une boucle à faire sur un chemin de randonnée (500m de dénivelé + et -)
Après les toucans et les aras au Costa Rica, les coqs de roche à Jardin, j'assume être revenu dans la Vallée de Cocora pour revoir cette espèce une dernière fois. Ma nouvelle passion pour les oiseaux exotiques est devenue un but de voyage, je sais où ils sont alors je n'hésite pas à prendre l'avion rien que pour les voir. Pour trouver ma bonne place dans le monde, il me faut passer par des chemins que je n'aurais pas imaginés il y a quinze ans (c'est ma treizième année de longs voyages)
Les colibris, appelés aussi oiseaux-mouches, sont des petits oiseaux qui ne tiennent pas en place. Ils donnent jusqu'à 80 battements d'ailes par seconde qui produisent un vrombissement. C'est le seul oiseau qui peut voler à reculons. Il est nectarivore, se nourrissant à 90% du nectar des fleurs, mais également insectivore. Il vit jusqu'à 3 à 5 ans.
Vous avez déjà essayé de prendre des colibris en vol ? C'est une gageure ! Avec de la patience (et beaucoup de photos ratées) j'y suis arrivé.
Fin du voyage en Colombie.





































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