Sud Bolivie et nord Chili
La Bolivie est un pays deux fois plus grand que la France peuplé de 12 millions de boliviens. Ce n'est pas le seul pays à avoir deux capitales : La Paz est la capitale administrative et Sucre la capitale constitutionnelle et judiciaire. La ville la plus peuplée est Santa Cruz de la Sierra avec 1,6 millions d'habitants. La monnaie est le Boliviano.
Le pays connait actuellement une grave crise économique. Les caisses vides ne permettent plus d'importer notamment les carburants. Cette situation met le pays à l'arrêt et l'inflation est galopante. La crise est aussi politique, je ne rentre pas dans les détails.
Je suis arrivé à l'aéroport de Santa Cruz de la Sierra. Une ville pas belle du tout, le lendemain j'ai vite rejoint Sucre (prononcez Soucré)
Sucre.
La ville est perchée à 2800m d'altitude à l'orée de la Cordillère des Andes. A cette époque de l'année, il fait beau avec une petite fraicheur du soir.
C'est une belle ville coloniale fondée dans les années 1540. Le dépaysement est immédiat.
Si les hommes portent la casquette, les femmes portent le chapeau, porté sur la tête dont les cheveux sont tressés. La jupe plissée est à la mode.
Je me suis rendu au marché pour voir la ville authentique et l'ambiance qui y règne. Aussi pour acheter des fruits pour mes repas de midi.Il ne manque rien : fruits et légumes sont en abondance. Il y a aussi beaucoup d'étals de viande.
Ce sont en grande majorité les femmes qui travaillent sur les marchés, toujours le chapeau sur la tête.
Une petite cantine permet de rester manger sur place.Une petite cour est entourée d'étals colorés. Des femmes proposent des jus de fruits et de légumes naturels. C'est convivial et les jus sont excellents.
Une vieille dame toute courbée est arrivée pendant que je buvais un jus de fruits. La pauvre avait du mal à avancer, appuyée sur sa canne. En passant, elle tendait la main d'un geste désespéré. Lassée, elle s'est assise au milieu de la petite place, au soleil, personne ne venait à elle.
J'ai été la voir, pour lui donner un billet et l'aider à se lever. Elle me regardait sans comprendre, je l'ai fait asseoir près de moi sur un tabouret rouge et je lui ai offert un jus de fruits. Elle a bu comme un enfant qui a soif. Elle n'a rien dit, elle a beaucoup souri. Elle m'a baisé la main en partant.
J'ai pris une excursion d'une journée de rando à Maragua. Arrivé en 4x4 à 3600m d'altitude après une heure de route, je suis descendu par le chemin des Incas jusqu'à Chaunaca à 2900m. Tout en descente donc.
Le chemin des Incas. Le décor est grandiose, c'est la Cordillère des Andes.
Il a fait une chaleur torride ! A cette altitude, avoir si chaud, je ne m'y attendais pas. Au fond de la vallée de petits hameaux sont habités par le peuple Jalq'a, un peuple d'origine Inca. C'était le moment de semer les pommes de terre et le maïs avant les pluies de Janvier et février.
Les flancs de la montagne présentent différentes couleurs en fonction des minerais (soufre, fer, calcaire). Le plus beau est le cratère de Maragua, une étrange formation géologique d'environ huit km de diamètre, dont l'origine n'est pas certaine. Ce n'était pas un volcan, les spécialistes pensent à la chute d'une météorite qui aurait plissé ainsi la montagne. Peu importe, l'effet est saisissant.5000 mineurs y travaillent encore de nos jours pour extraire du zinc, de l'étain et encore un peu d'argent. Les morts continuent de mourir...Le plus cynique ce sont les visites organisées et payantes pour voir les mineurs au travail. Une honte, bien sûr que je n'y suis pas allé. Ceux qui y vont ne connaissent pas l'histoire.
Le jour où j'y étais, le lundi avant Noël, tous les mineurs étaient en grève. Il y avait beaucoup de monde autour du parc central et de la cathédrale. Hommes et femmes car des femmes travaillent aussi dans les mines.
Le centre ville était illuminé à l'occasion des fêtes de Noël.
Les femmes portaient leurs plus belles tenues. Chapeaux, jupes plissées et couverture dans le dos pour emmitoufler les bébés ou porter les courses. Ce sont de belles personnes. La Bolivie est l'un des pays les plus dépaysants d'Amérique latine avec le Pérou et le Guatemala.Le Salar d'Uyuni se situe dans l'altiplano de la Cordillère des Andes, à 3650m d'altitude, c'est un immense désert de sel, le plus grand du monde, 10 000km², l'équivalent de deux départements français. L'épaisseur de sel varie de 2m jusqu'à 100m...La réserve de sel est inépuisable. Le Salar paraît sans fin même si on aperçoit dans certaines directions des volcans au loin. Tout est plat, tout est blanc comme de la neige. La sécheresse forme des alvéoles, comme un nid d'abeilles, à l'infini. Le blanc fait mal aux yeux, le port de lunettes de soleil est indispensable. L'action du soleil et du vent qui souffle assez fort dessèche la peau. Malgré l'altitude, il fait chaud dans la journée (25°) et la température chute la nuit (6°)
Au milieu de cette immensité, passé l'amusement, une île. l'île Inca Huasi. Un petit bijou sur lequel on accède en empruntant un petit chemin aménagé offrant une vision imprenable à 360°. Lorsque je suis venu ici en 2017, l'accès était gratuit, aujourd'hui il faut payer une taxe. Même si le tour de trois jours n'est pas cher, ça ne leur suffit pas, ils en rajoutent une couche..
Mon dieu que c'est beau ! Des centaines de cactus candélabres se dressent sur l'îlot, c'est d'une beauté indéfinissable. C'est ici qu'il faut venir pour voir ça une fois dans sa vie...
Le jour suivant on sort du Salar en enchainant avec des paysages plus beaux les uns que les autres.On reste dans ce désert d'altitude où le temps est au beau fixe. Montagnes et volcans se succèdent, dont le volcan Fuego, actif, on aperçoit une fumerole s'élever sur le côté gauche.On ne fait pas un km sans être émerveillé !
Jusqu'à ce qu'on arrive aux lagunas (les lacs)
Ces herbes sèches sont la végétation type pampa au bord de l'eau. C'est l'habitat privilégié des flamants roses...
...Et des vigognes ! Tous les lamas et alpagas sont domestiqués au sein d'élevage (en liberté) alors que les vigognes sont toutes sauvages. C'est un animal d'une élégance naturelle incroyable !
Et puis on arrive en fin de journée à la fameuse Laguna Colorada, celle que tout le monde attend, la cerise sur le gâteau à 4500m d'altitude. On est attendu aussi pour passer à la caisse. Si l'accès était gratuit en 2017, aujourd'hui il faut payer, et pas une petit somme, 20€ quand-même. Certes c'est beau, mais le sel et le lithium ne sont pas les seuls filons de la région...Je ne sais pas où va l'argent, je ne demande pas, mais je sais qu'il sort de ma poche. Je ne suis pas avare, mais on prend les touristes de plus en plus pour des vaches à lait.
Forcément que c'est beau ! D'ailleurs, y a-t-il plus beau ? Ce n'est pas sûr.Ça fait dix jours que je suis entre 2500m et 5000m d'altitude, ça fait dix jours que je suis malade. Rhume, toux sèche jour et nuit, perte d'appétit, fatigue et surtout des maux de tête comme je n'ai jamais eu. Je n'arrive pas à m'acclimater à l'altitude. Alors ce n'est pas la grande forme, je n'apprécie pas à sa juste valeur ce que je vois. Je suis en excursion et bien obligé de suivre le mouvement. Et je ne suis pas près de descendre car le troisième jour je me fais déposer à la frontière chilienne à 4500m d'altitude, l'une des frontières les plus hautes du monde.
Nord Chili
Me voilà arrivé au Chili en passant la frontière à pied sans encombre. Tous les jours un bus attend à la même heure les quelques pelés qui passent par là pour nous descendre jusqu'à San Pedro de Atacama à 40mn de route.
San Pedro de Atacama.
C'est un bourg dans le désert. Ce n'est pas très joli bien que plutôt sympathique. Toutes les maisons sont en pisé, habitat typique des villages dans les déserts.
Des agences de voyages par dizaines pour faire des excursions dans le désert où montagnes, volcans, lacs, Vallée de la Lune, canyons, etc...valent tous le détour. J'ai choisi une excursion à la journée dans la pampa. C'était grandiose !
C'est aussi beau qu'en Bolivie mais il n'y a pas de grand salar.
A cette altitude, j'ai passé la journée avec un mal de tête insupportable. Toujours ce foutu mal des montagnes qui ne me quitte pas. L'excursion a trainé en longueur, je crois bien que c'est ça le pire. Nous étions vingt personnes dans le bus. A chaque arrêt c'est toujours le même cinéma. C'est surtout les jeunes filles : une photo avec un bras en l'air, puis l'autre bras en l'air, puis les deux, les mains jointes en prière, sur une jambe comme les échassiers, de face, de profil, de dos et la nouvelle mode, une petite vidéo en marchant devant le paysage. Ce sont leurs mecs (ou leurs copines) qui se coltinent la corvée, elles viennent vérifier, si ça ne convient pas les pauvres doivent recommencer. Des têtes à claques ! La moitié du bus c'était des filles, on a passé un temps fou à attendre la fin de leurs singeries à chaque arrêt. Çà plus mon mal de tête plus les taxes, la journée n'a pas été fameuse. Que voulez-vous que j'y fasse à part subir tout cela, ce monde qui change. C'était mieux avant...
Une dernière excursion à la Vallée de la Lune parce qu'on se croirait sur la Lune.
C'est ma dernière journée à San Pedro de Atacama.
Je n'ai qu'une seule hâte, après deux semaines délicates en altitude, c'est d'aller au bord de la mer. A Antofagasta à cinq heures de bus. Je vais y passer le nouvel an.
Antofagasta.
C'est une grande ville côtière de 450 000 habitants dans le désert au bord de la mer.
C'est dans cette ville très quelconque que j'ai passé le nouvel an. Je me suis refais une santé, c'est le plus important. J''étais dans un grand studio de 40m² dans un grand hôtel avec vue plongeante sur la ville. Ce n'est pas trop ma came, mais je me suis reposé, je me suis plu malgré tout et c'était très confortable. Par contre il ne s'est rein passé pour le nouvel an. Rien, pas un concert, pas un feu d'artifice, rien, le calme plat. Un jour comme les autres.
A suivre...







































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