La Patagonie
Je poursuis mon voyage seul en direction du sud de la Patagonie, côté Chili d'abord puis côté Argentine. J'ai pris un vol de Puerto Montt jusqu'à Puerto Natales, c'est le point de chute pour randonner dans le parc national Torres del Paine (prononcez Païné). Tout ce qui suit je l'ai déjà fait en 2017. A partir de maintenant tout est grandiose et très beau. C'est la Patagonie !
Une vue depuis Puerto Natales (Chili), une ville située au fond d'un fjord.
Torres del Paine (Chili)
J'ai randonné trois jours en dormant deux nuits en refuge. J'ai rejoint le circuit en bateau sur le lac Pehoé. J'ai commencé par los Cuernos, une montagne aux deux couleurs (à droite)
Elle est composée de deux couches de roches sédimentaires en haut et en bas avec une couche de granit au milieu. Je ne suis pas géologue, je ne peux pas vous expliquer comment cela s'est produit, je n'ai pas cherché non plus.
Il y avait trop de monde et trop d'américains qui n'arrêtaient pas de blablater en marchant et ça ne les dérange pas de s'arrêter au milieu des chemins pour papoter. Ça m'énerve, j'aime marcher en silence. Alors j'ai fait du hors piste, ce qu'il ne faut pas faire mais je ne me suis pas perdu. Il y a des lacs et des glaciers suspendus partout, dont le glacier français.
Ci-dessous le lac Pehoé où se trouvait un refuge. J'ai dû être repéré sur le hors piste car en arrivant au refuge on m'a dit de rester sur les chemins. Je ne peux plus faire ce que je veux...
Je suis allé voir le glacier Grey qui tombe dans le lac éponyme, mais ce n'était pas agréable, le temps n'était pas beau, le vent était trop fort, un vent à décorner un taureau...Belle vue quand-même !
J'avais réservé le troisième jour pour voir le plus beau, les Torres del Paine. Les voilà de loin au lever du jour. La journée a été magnifique ! Ça donne envie d'y aller, non ?
Une longue journée de randonnée de 9 heures de marche avec + 800m de dénivelé qui commence par une montée en surplomb d'une vallée étroite. Je croise des chevaux allant ravitailler un camping. Je n'ai vu comme marchandise que des fûts de bières...
Je redescends au fond de la vallée où je longe la rivière pendant un long moment qui n'en finit pas. Puis c'est la montée finale, 300m à pic parmi des gros blocs rocheux, il faut mettre les mains, c'est raide. Mais j'arrive en haut, et là...Les Torres (les tours) s'offrent à moi dans un décor minéral incroyable. Je n'étais pas seul, il y avait du monde arrivé avant moi (et encore plus après, un vrai défilé qui m'a bien embêté dans la descente)
Ici aussi une longue journée de marche de 9 heures avec encore + 800m de dénivelé. La montée commence doucement parmi des prairies humides et rafraichies par la fonte des glaciers en été. Le soleil est radieux !
Le Fitz Roy s'offre à moi dans toute sa splendeur derrière la Laguna de los Tres (encore un lac glacière). C'est un moment d'intense émotion parce que je le revois encore une fois et sûrement pour la dernière fois. C'est trop beau !
Je n'ai rien vu d'aussi beau en montagne (et pourtant j'en ai vu). Mais le Fitz Roy est au-dessus de tout le reste. Dans des cas comme ça, je touche le bonheur du bout des doigts...
Ce n'est pas encore fini...Un peu plus au sud, la ville de El Calafate, c'est là qu'il faut venir une fois dans sa vie. Pas pour la ville, mais pour son fameux glacier.
J'ai commencé par une sortie en bateau d'une heure pour l'approcher. Il y avait des icebergs (certes petits) qui flottaient à la surface du lac Argentino, car c'est dans ce lac que se déverse le glacier.
Quelle beauté ! On le voit là-bas au fond le Perito Moreno. Les icebergs sont les blocs de glace qui tombent régulièrement du glacier avec fracas.
Le glacier bouge, il avance sous l'effet de son poids énorme, on entend craquer comme si des ouvriers travaillaient à l'intérieur. Fréquemment des blocs énormes tombent dans le lac provoquant des gerbes d'eau qui montent jusqu'à 30m de haut, les gens poussent des waouh d'admiration. Il y en a qui pleurent. Quel spectacle !
Le point le plus haut est à 70m au-dessus du lac. Il prend des couleurs bleutées sous l'effet de soleil. Une fois descendu du bateau je me dirige vers le circuit des passerelles qui font face au glacier. On peut le voir ainsi de près dans toute sa longueur et dans toute sa largeur.
Je resterais des heures à l'admirer, je suis quand-même resté 3 heures sur place. Mais il fallait bien partir et jeter un dernier regard sur ce qui se fait de plus beau sur notre planète !




























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